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- Note de la Réalisatrice
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Note de la Réalisatrice
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Je suis ce qu’on appelle A politique, je n’ai jamais voté. Je n’ai jamais réussi à m’identifier à un parti, un mouvement, à suivre un homme ou une femme politique pour ses idées. Aussi en Mars 2007, l’
élection présidentielle
approchant, la question de mon non- engagement m’a envahie . J’ai eu envie d’aller chercher des réponses à mes propres questions en partant à la rencontre de ceux et celles qui s’engagent et représentent les autres.
Avec ce film, la première difficulté a été de les imaginer autrement, différent de l’image aseptisée et lisse des journaux télévisés. Parce que filmer
un homme ou une femme politique
s’annonçait comme un pari ennuyeux, d’ailleurs
Jean-Louis Borloo
m’en fit la remarque lors de notre rencontre : «
Mais dites moi vous n’avez pas l’impression que vous allez faire fuir tout le monde avec ce film ?
».
Alors, il m’est apparu primordial que le film d’une part devait dépasser l’évènementiel «
Présidentiel
» et ne pas se gluer à un enjeu politique du moment aussi important soit-il et que la question que je leur poserais se devait d’être intime. Il me fallait aller là où personne ne va jamais avec eux ; à l’intérieur.
J’avais envie de m’intéresser à eux en tant que personne, comment avaient-ils choisi de s’engager, que cela représentait -il pour eux ?
Aussi la question du service aux autres s’est imposée très vite, elle permettait de dérouler le fil rouge dont j’avais besoin pour tendre un discours intime. C’était un point de départ idéal pour permettre à d’autres questions de se glisser et de s’intégrer naturellement dans la conversation.
Je souhaitais également les rencontrer tous, sans distinction de parti, que le film puisse réunir des personnalités politiques aussi différentes que possible. J’avais envie d’humain et non de concept médiatique préfabriqué.
Dans ce dessein, je voulais une caméra très proche de leur visage, des plans serrés, très serrés m’offrant la possibilité de suivre une inquiétude au coin des yeux, de découvrir un sourire. L’image presque disgracieuse du film nous permet de les redécouvrir sous un nouvel angle, loin des codes télévisuels habituels. Ils nous apparaissent plus humains, plus réels aussi.
De même, ce parti pris de réalisation, brute et chaotique, fait d’une image déstabilisante, sans souci du cadre ou du point, m’offrait la possibilité d’entrer dans les visages et les voix avec un regard neuf, de permettre à la parole du
politicien
souvent si convenue d’exister autrement.
Pendant les entretiens, je n’avais qu’à les suivre, les écouter et réagir en fonction de leurs expressions, de leur humeur, j’étais le miroir devant lequel on se regarde et s’oublie. Je n’avais pas peur de l’ennui ou du conventionnel, je n’avais nulle intention de les piéger ou de les malmener, mais juste d’être en face et avec eux ; prête à recueillir ce qu’ils avaient à offrir. Je sentais qu’en donnant un temps à leur parole, en n’intervenant presque pas, elle deviendrait de plus en plus intime, sincère.
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